Tournées à 6 h, soins le week-end, paperasse le soir : l’infirmière libérale gère une petite entreprise en plus de soigner. La comptabilité d’une IDEL n’a pas grand-chose à voir avec celle d’un commerçant. Recettes en BNC, conventionnement avec la CPAM, cotation NGAP, déplacements à indemniser, CARPIMKO : autant de règles propres au métier, que beaucoup de consœurs découvrent mal accompagnées. Cette page réunit l’essentiel, vérifié et daté, pour exercer l’esprit tranquille.
En bref
L’infirmier libéral relève des bénéfices non commerciaux (BNC). Il déclare au régime micro-BNC jusqu’à 83 600 € de recettes (seuil 2026-2028, art. 102 ter du CGI), puis en déclaration contrôlée 2035. Ses soins sont exonérés de TVA (art. 261-4-1° du CGI). Il s’installe sous convention (secteur 1, nomenclature NGAP), dans une zone définie par l’ARS, et cotise à la CARPIMKO.
S’installer en infirmier ou infirmière libérale
En bref
Pour s’installer en libéral conventionné, il faut le diplôme d’État et une expérience d’environ 24 mois (3 200 heures sur les six dernières années). L’installation passe par l’inscription à l’Ordre, le conventionnement avec la CPAM, la déclaration au guichet unique de l’INPI (qui informe l’URSSAF et la CARPIMKO), un compte bancaire dédié et une assurance responsabilité civile professionnelle.
Le métier suppose d’abord une condition d’expérience : la convention nationale des infirmiers exige, avant l’installation conventionnée, une pratique récente en équipe de soins, de l’ordre de 24 mois. Vient ensuite une suite de formalités qui s’enchaînent dans un ordre précis, et qu’il vaut mieux ne pas improviser.
- Inscription au tableau de l’Ordre national des infirmiers, préalable à tout exercice.
- Conventionnement avec la CPAM de votre département : l’immense majorité des infirmiers exercent en secteur 1 et appliquent les tarifs de la NGAP. C’est ce conventionnement qui ouvre le tiers payant et la prise en charge des soins par l’Assurance maladie.
- Déclaration de début d’activité sur le guichet unique de l’INPI. Elle déclenche automatiquement votre affiliation à l’URSSAF et à la CARPIMKO ; vous n’avez plus à les contacter séparément.
- Compte bancaire dédié à l’activité et assurance responsabilité civile professionnelle (RCP), obligatoire pour les professionnels de santé.
Le zonage de l’ARS, l’étape qu’on oublie souvent
Le point qui surprend le plus : on ne s’installe pas où l’on veut. L’Agence régionale de santé (ARS) classe chaque territoire selon la densité d’infirmiers. En zone « sur-dotée », l’accès au conventionnement est régulé : une nouvelle installation suppose en principe le départ d’un confrère (le mécanisme « une arrivée pour un départ »). À l’inverse, les zones « très sous-dotées » et « sous-dotées » ouvrent droit à des aides conventionnelles à l’installation et au maintien. Vérifier le zonage de la commune visée, avant de signer un bail ou de racheter une patientèle, évite de mauvaises surprises.
Remplacement et collaboration : bien démarrer
En bref
Le remplacement est la porte d’entrée classique du libéral. Il exige une expérience minimale (de l’ordre de 18 mois ou 2 400 heures) et une autorisation. Le remplaçant facture sous le numéro du titulaire mais déclare ses propres recettes en BNC et cotise à la CARPIMKO ; il reverse une rétrocession d’honoraires au titulaire, fixée au contrat.
Beaucoup d’infirmières commencent par remplacer avant de s’installer : c’est une façon de se constituer une expérience et un revenu sans racheter tout de suite une patientèle. Sur le plan comptable, le remplaçant est un libéral à part entière. Il encaisse une rétrocession (un pourcentage des honoraires, souvent autour de 70 à 90 % selon les secteurs et les charges prises en charge), qu’il déclare en recettes. Le titulaire, lui, déduit la rétrocession versée. Un contrat écrit, conforme au modèle de l’Ordre, sécurise les deux parties.
L’erreur la plus fréquente du remplaçant : oublier que la rétrocession reçue est un revenu imposable et soumis à cotisations, pas un simple « salaire net ».
Facturation des soins : NGAP, BSI et déplacements
En bref
Les actes se cotent avec la NGAP : lettres-clés AMI (actes techniques) et AIS (soins infirmiers). Pour les patients dépendants, le bilan de soins infirmiers (BSI) a remplacé la démarche de soins infirmiers (DSI). À chaque déplacement s’ajoutent des indemnités (IFD forfaitaire et IK kilométriques). La télétransmission des feuilles de soins conditionne un paiement rapide.
La rémunération d’une IDEL ne tient pas à un « tarif horaire » mais à la cotation de chaque acte. Une tournée mêle des actes techniques (lettre-clé AMI : pansements, injections, perfusions) et des soins de nursing. Pour les patients dépendants, le BSI valorise la prise en charge globale selon le niveau de dépendance, là où l’ancienne DSI raisonnait à l’acte. S’y ajoutent les déplacements : l’indemnité forfaitaire (IFD) à chaque visite et les indemnités kilométriques (IK) au-delà d’une distance, plus élevées en zone de montagne. Une cotation juste, ni sous-évaluée ni risquée en cas de contrôle, fait une vraie différence sur le revenu annuel.
Fiscalité de l’infirmière libérale
En bref
Recettes en BNC. Jusqu’à 83 600 € (seuil 2026-2028), le micro-BNC applique un abattement forfaitaire de 34 %. Au-delà, ou sur option, la déclaration contrôlée 2035 permet de déduire les frais réels (véhicule, matériel, blouses, cotisations). Les actes de soins sont exonérés de TVA. Bonne nouvelle souvent ignorée : la majoration pour non-adhésion à un organisme de gestion agréé n’existe plus depuis les revenus 2023.
Deux régimes coexistent. Le micro-BNC est simple : on applique un abattement de 34 % sur les recettes, sans tenir de comptabilité détaillée. Il convient en début d’activité ou aux temps partiels. Dès que les frais réels (voiture, carburant, matériel à usage unique, rétrocessions, cotisations sociales) dépassent 34 % des recettes, la déclaration contrôlée 2035 devient plus avantageuse : on déduit les dépenses réelles et l’on pilote son résultat. Pour une infirmière qui roule beaucoup, l’écart est rarement négligeable.
Deux points méritent d’être corrigés, car ils traînent encore dans de vieux conseils. D’abord, les soins infirmiers sont exonérés de TVA (article 261-4-1° du CGI) : vous ne facturez pas de TVA et n’en récupérez pas. Ensuite, la majoration de 25 % pour non-adhésion à une association de gestion agréée a disparu Supprimée progressivement, elle ne s’applique plus depuis l’imposition des revenus 2023. Adhérer à une AGA garde un intérêt (services, sécurisation), mais ce n’est plus une pénalité fiscale à éviter.
Cotisations sociales : URSSAF et CARPIMKO
En bref
L’IDEL cotise à l’URSSAF (maladie, allocations familiales, CSG-CRDS) et à la CARPIMKO, sa caisse de retraite et de prévoyance. Une partie des cotisations est prise en charge par l’Assurance maladie au titre du conventionnement. En début d’activité, l’ACRE peut alléger les charges la première année, et les premières cotisations sont calculées sur une base forfaitaire puis régularisées.
La CARPIMKO couvre la retraite de base, la retraite complémentaire, le régime des praticiens conventionnés et la prévoyance (invalidité-décès) des auxiliaires médicaux. Son barème est révisé chaque année ; nous le recalons à chaque exercice. Le piège classique est celui des deux premières années : faute de revenu de référence, l’URSSAF appelle des cotisations sur une base forfaitaire, puis régularise une fois le revenu réel connu. Anticiper cette régularisation, plutôt que la subir, fait partie de notre travail.
Comment Kara Expertise accompagne les infirmières libérales
En bref
Un interlocuteur dédié qui connaît le métier : choix du régime fiscal, déclaration 2035, suivi des cotisations URSSAF et CARPIMKO, aide à l’installation et au conventionnement, contrats de remplacement. Premier rendez-vous offert, honoraires annoncés à l’avance.
- Pack TPE, dès 100 € HT/mois Espace client en ligne, logiciel de devis et de facturation, saisie des recettes et des frais, déclarations, bilan annuel et déclaration 2035.
- Pack PME Croissance, dès 150 € HT/mois Tout le pack TPE, points de situation trimestriels, budget annuel et comparaison budget / réalisé.
- Pack Full services, dès 250 € HT/mois Tout le pack PME Croissance, suivi renforcé et gestion déléguée des obligations courantes.
Le détail des prestations est présenté lors du premier rendez-vous, offert et sans engagement. Nous accompagnons les infirmières et infirmiers libéraux depuis nos trois bureaux d’Île-de-France.
Questions fréquentes des infirmières libérales
Micro-BNC ou déclaration 2035 : que choisir quand on débute ?
Tant que vos recettes restent modestes et vos frais réels inférieurs à l’abattement de 34 %, le micro-BNC suffit. Dès que vous roulez beaucoup ou investissez (véhicule, matériel), la déclaration 2035 devient plus intéressante car elle déduit les dépenses réelles. Nous faisons le calcul avec vous chaque année.
Dois-je vérifier le zonage avant de m’installer ?
Oui, c’est indispensable. En zone sur-dotée, le conventionnement est régulé (une arrivée pour un départ). En zone sous-dotée, des aides existent. Le zonage est consultable auprès de l’ARS et de la CPAM avant tout engagement.
La majoration pour non-adhésion à une AGA s’applique-t-elle encore ?
Non. Cette majoration a été supprimée progressivement et ne s’applique plus depuis les revenus 2023. Adhérer à une association de gestion agréée reste possible pour ses services, mais ce n’est plus une obligation fiscale.
Le remplaçant cotise-t-il lui-même à la CARPIMKO ?
Oui. Même s’il facture sous le numéro du titulaire, le remplaçant est un libéral : il déclare ses rétrocessions en BNC et cotise à l’URSSAF et à la CARPIMKO sur ses propres revenus.
Les soins que je facture sont-ils soumis à la TVA ?
Non. Les actes de soins à la personne dispensés par les infirmiers sont exonérés de TVA (article 261-4-1° du CGI). Vous ne la facturez pas et ne la récupérez pas sur vos achats.