Un cabinet à équiper, des séances qui s’enchaînent, des visites à domicile, et la compta qui attend le soir. Le masseur-kinésithérapeute libéral est un soignant doublé d’un chef d’entreprise. Sa comptabilité a ses propres règles : recettes en BNC, conventionnement avec l’Assurance maladie, cotation NGAP des actes, déplacements à indemniser, CARPIMKO. Cette page réunit l’essentiel, vérifié et daté, pour exercer l’esprit tranquille.
En bref
Le masseur-kinésithérapeute libéral relève des bénéfices non commerciaux (BNC) : micro-BNC jusqu’à 83 600 € de recettes (seuil 2026-2028, art. 102 ter du CGI), puis déclaration contrôlée 2035. Ses soins sont exonérés de TVA (art. 261-4-1° du CGI). Il s’installe sous convention (secteur 1, nomenclature NGAP), dans une zone régulée par l’Assurance maladie, et cotise à la CARPIMKO.
S’installer en masseur-kinésithérapeute libéral
En bref
L’installation suppose le diplôme d’État, l’inscription à l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, le conventionnement avec la CPAM et la déclaration au guichet unique de l’INPI (qui informe l’URSSAF et la CARPIMKO). S’y ajoutent un compte bancaire dédié et une assurance responsabilité civile professionnelle. Le lieu d’installation dépend du zonage défini par l’Assurance maladie.
- Inscription au tableau de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, obligatoire avant tout exercice.
- Conventionnement avec la CPAM La quasi-totalité des kinés exercent en secteur 1 et appliquent la NGAP. C’est ce conventionnement qui ouvre la prise en charge des soins.
- Déclaration de début d’activité au guichet unique de l’INPI, qui déclenche l’affiliation à l’URSSAF et à la CARPIMKO.
- Compte bancaire dédié et assurance responsabilité civile professionnelle (RCP).
Le zonage, désormais incontournable pour les kinés
La démographie des kinésithérapeutes est encadrée. Depuis l’avenant 7 à la convention nationale (2023), l’accès au conventionnement dépend de la zone d’installation. Dans une zone « non prioritaire » (bien dotée), l’Assurance maladie applique en principe le mécanisme « une installation pour un départ » : vous ne pouvez vous conventionner que si un confrère cesse son activité au même endroit. À l’inverse, les zones sous-dotées ouvrent droit à des aides à l’installation et au maintien. Vérifier ce zonage avant de signer un bail ou de racheter une patientèle évite une déconvenue coûteuse.
Remplacement, collaboration, assistanat
En bref
Avant de s’installer, beaucoup de kinés remplacent ou collaborent. Le remplaçant facture sous le numéro du titulaire mais déclare ses propres recettes en BNC et cotise à la CARPIMKO ; il reverse une rétrocession d’honoraires fixée au contrat. Le collaborateur libéral, lui, exploite sa propre patientèle tout en partageant les moyens du cabinet.
Trois formules cohabitent, à ne pas confondre. Le remplacement est temporaire : on remplace un titulaire absent et on lui reverse une rétrocession (souvent autour de 70 à 80 % conservés par le remplaçant, selon les charges prises en charge). La collaboration libérale est durable : le collaborateur développe sa propre patientèle et verse une redevance pour l’usage du cabinet. L’assistanat répond surtout à un surcroît d’activité. Dans tous les cas, un contrat écrit conforme aux modèles de l’Ordre protège les deux parties, et chacun reste imposé sur ses propres recettes.
Confondre collaboration et salariat est l’erreur classique : un collaborateur libéral qui n’a aucune patientèle propre s’expose à une requalification.
Facturation des actes : NGAP, lettres-clés et déplacements
En bref
Les actes se cotent avec la NGAP. Les principales lettres-clés sont l’AMK (actes au cabinet ou au domicile), l’AMS (rééducation des affections orthopédiques et rhumatologiques des membres et du tronc) et l’AMC (actes en structure de soins). À chaque déplacement s’ajoutent des indemnités (forfaitaire et kilométriques). Les soins se font sur prescription médicale, après un bilan-diagnostic kinésithérapique.
La rémunération tient à la cotation, pas à un tarif horaire. Une même séance peut relever de l’AMS (rééducation d’un membre ou du rachis) ou de l’AMK selon la pathologie et le lieu, l’AMC visant les actes réalisés en structure. À cela s’ajoutent les indemnités de déplacement pour les soins à domicile. L’avenant 7 (2023) a revalorisé les lettres-clés et ouvert le télésoin. Une cotation juste, conforme et complète, change sensiblement le revenu sur l’année : c’est un point que nous regardons de près avec nos clients kinés.
Fiscalité du masseur-kinésithérapeute libéral
En bref
Recettes en BNC. Jusqu’à 83 600 € (seuil 2026-2028), le micro-BNC applique un abattement de 34 %. Au-delà, ou sur option, la déclaration contrôlée 2035 permet de déduire les frais réels (local, matériel de rééducation, véhicule). Les soins sont exonérés de TVA. La majoration pour non-adhésion à un organisme de gestion agréé n’existe plus depuis les revenus 2023.
Le micro-BNC applique un abattement forfaitaire de 34 % : simple, adapté au démarrage. Mais le kiné investit souvent (local, tables, appareils, matériel de rééducation) et se déplace : dès que les frais réels dépassent 34 % des recettes, la déclaration contrôlée 2035 devient plus avantageuse, car elle déduit les dépenses réelles et permet d’amortir les équipements. Deux points à garder en tête : les soins sont exonérés de TVA (article 261-4-1° du CGI), et la majoration de 25 % pour non-adhésion à une association de gestion agréée a disparu depuis l’imposition des revenus 2023. Adhérer à une AGA reste un choix de services, plus une obligation fiscale.
Cotisations sociales : URSSAF et CARPIMKO
En bref
Le kiné libéral cotise à l’URSSAF (maladie, allocations familiales, CSG-CRDS) et à la CARPIMKO, sa caisse de retraite et de prévoyance, commune aux auxiliaires médicaux. Une part des cotisations est prise en charge par l’Assurance maladie au titre du conventionnement. En début d’activité, l’ACRE peut alléger la première année, et les premières cotisations, calculées sur une base forfaitaire, sont régularisées ensuite.
La CARPIMKO gère la retraite de base, la retraite complémentaire, le régime des praticiens conventionnés et la prévoyance des kinésithérapeutes. Son barème évolue chaque année ; nous le recalons à chaque exercice. Le piège des deux premières années est le même que pour les autres libéraux : faute de revenu de référence, l’URSSAF appelle des cotisations forfaitaires, puis régularise. Anticiper cette régularisation, surtout après une première année dynamique, fait partie de notre travail.
Comment Kara Expertise accompagne les kinésithérapeutes
En bref
Un interlocuteur dédié qui connaît le métier : choix du régime fiscal, déclaration 2035, amortissement du matériel, suivi URSSAF et CARPIMKO, aide à l’installation et au conventionnement, contrats de remplacement et de collaboration. Premier rendez-vous offert, honoraires annoncés à l’avance.
- Pack TPE, dès 100 € HT/mois Espace client en ligne, logiciel de devis et de facturation, saisie des recettes et des frais, déclarations, bilan annuel et déclaration 2035.
- Pack PME Croissance, dès 150 € HT/mois Tout le pack TPE, points de situation trimestriels, budget annuel et comparaison budget / réalisé.
- Pack Full services, dès 250 € HT/mois Tout le pack PME Croissance, suivi renforcé et gestion déléguée des obligations courantes.
Le détail des prestations est présenté lors du premier rendez-vous, offert et sans engagement. Nous accompagnons les masseurs-kinésithérapeutes depuis nos trois bureaux d’Île-de-France.
Questions fréquentes des kinésithérapeutes libéraux
Le zonage limite-t-il mon installation en libéral ?
Oui. Depuis l’avenant 7 (2023), l’accès au conventionnement dépend de la zone. En zone bien dotée, il faut en principe succéder à un confrère qui cesse son activité (une installation pour un départ). En zone sous-dotée, des aides existent. Le zonage se vérifie auprès de la CPAM avant tout engagement.
Micro-BNC ou déclaration 2035 quand on a un cabinet équipé ?
Dès que vous investissez (local, tables, appareils) et roulez pour les domiciles, vos frais réels dépassent vite l’abattement de 34 % du micro-BNC. La déclaration 2035 devient alors plus avantageuse : elle déduit les dépenses et amortit le matériel. Nous tranchons avec vous, chiffres en main.
Le remplaçant kiné cotise-t-il lui-même à la CARPIMKO ?
Oui. Même en facturant sous le numéro du titulaire, le remplaçant est un libéral : il déclare ses rétrocessions en BNC et cotise à l’URSSAF et à la CARPIMKO sur ses propres revenus.
Mes actes de kinésithérapie sont-ils soumis à la TVA ?
Non. Les soins dispensés par les masseurs-kinésithérapeutes sont exonérés de TVA en application de l’article 261-4-1° du CGI. Vous ne la facturez pas et ne la récupérez pas sur vos achats.
Dois-je adhérer à une association de gestion agréée ?
Ce n’est plus une obligation fiscale : la majoration de 25 % pour non-adhésion a été supprimée depuis les revenus 2023. L’adhésion reste possible pour ses services, mais elle relève désormais d’un choix.